Question de compétences

Compétences. Ce mot regroupe une part essentielle de ce qui est recherché par les recruteurs dans l’optique de trouver les bons candidats. Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce mot et pourquoi cela attire-t-il autant le regard des entreprises ?

Les compétences regroupent essentiellement deux notions indissociables : du savoir (connaissance, savoir-faire ou savoir-être) et son application concrète. On a passé une bonne partie de notre vie à acquérir de nouvelles connaissances : à l’école, au travers d’un stage de perfectionnement ou de formation continue. Par exemple, on se retrouve à apprendre ce satané vocabulaire d’allemand, juste pour maintenir la moyenne, mais sans trop croire que ça nous servira un jour… jusqu’à notre première escapade dans un bar lors de vacances à Munich. Au travers de maintes situations, on s’est rendu compte que telle ou telle connaissance s’avère finalement fort utile une fois pratiquée.

En fait, on déborde tous de compétences. Ces compétences peuvent toutes être utiles à un moment ou à un autre, dans un environnement privé ou familial, de façon manuelle, intellectuelle voir même franchement ludique et comique. Si tout le monde savait ce que vous pouvez faire, peut-être même que le cirque Knie vous engagerait sur-le-champ. Mais ce n’est pas au cirque ou dans n’importe quel endroit que vous voulez aller travailler, c’est dans un poste de travail défini et lucratif. Ce poste a été mis au concours par une entreprise qui vous est peut-être complètement inconnue, mais vous devez apprendre à la connaître et à savoir en quoi elle est différenciable des autres entreprises. En effet, cette entreprise a une histoire, une culture, une vision précise, des règles et des attentes remarquables. En outre, Le poste que vous recherchez comporte des exigences, des contraintes spéciales, des avantages uniques et il offre une perspective nouvelle pour vous.

“Ce poste a été mis au concours par une entreprise qui vous est peut-être complètement inconnue, mais vous devez apprendre à la connaître et à savoir en quoi elle est différenciable des autres entreprises”

Vous intégrer à cet environnement requiert donc de vous certaines compétences singulières et distinctes. Elles ne sont pas des compétences banales et ordinaires : elles sont précisément des bénéfices pour l’exercice de votre futur emploi, et c’est pour cela qu’elles sont définies comme étant professionnelles. Dans votre expérience professionnelle, ces compétences ont été appliquées dans un contexte de travail défini, avec tel nombre de personnes, pour tel nombre de projets, et le tout sur une durée spécifique. Ce sont ces compétences-là, concrètement utilisables dans le contexte précis du poste que vous convoitez, qui vont attirer le regard de l’entreprise.

Faire la liste de vos expériences et les atouts que celles-ci vous ont apportés vous permettra de prendre conscience de compétences que vous avez acquises sans pourtant les avoir ajoutées à votre CV. Une fois cela fait, cherchez et traquez ces compétences si particulières du fait qu’elles sont en adéquation exacte avec la place pour laquelle vous postulez. Celles-ci sont qualifiables et quantifiables dans le temps, et elles sont surtout pertinentes avec les enjeux et la culture non seulement de l’entreprise, mais aussi du poste que vous ciblez. Une fois décelées, combinez-les et assemblez-les selon leurs affinités, en rassemblant vos compétences informatiques par exemple. Ajoutées à votre CV, la présence de ces données s’avérera nettement plus décisives pour attirer le regard de votre futur employeur que celle d’une autre section, comme la liste de vos hobbies. Aussi, à chaque nouvelle expérience, n’oubliez pas de prendre un peu de recul, d’en tirer les nouvelles compétences professionnelles acquises, et de les ajouter à votre cursus.

Paul Vann

/////// Ci-dessous: exemple de tableau comparatif pour distinguer vos compétences (par Majid Monnard)

Tableau Compétences




Qualité de mon CV : top ou flop ?

 

“votre CV ne tient pas sur son apparence: l’originalité de celle-ci pourrait même le disqualifier plus qu’autre chose, surtout s’il s’agit d’une candidature pour un poste de cadre supérieur”

Au moment d’élaborer une candidature, c’est toujours la même question qui m’obsède: « mon CV est-il bien ou pas ? » Quand je demande à Google, il me sort toujours le même blabla. À la longue, on les connaît bientôt par cœur ces recettes en 36 points pour atteindre le CV parfait. Et pourtant, c’est rare que l’on soit satisfait du résultat ! En effet, si toutes ces méthodes nous renseignent presque exactement comment faire, de façon étrangement centrée sur la mise en page, aucune ne donne (gratuitement) d’évaluation franchement constructive de notre CV. Il existe bien des « grilles d’évaluation », mais leur complexité n’est pas signe d’objectivité, au contraire : le recruteur ne prend pas le temps de vous analyser minutieusement au premier coup d’œil. De plus, ici encore, l’accent est outrageusement placé sur la mise en page. À l’image de cette question d’une grille d’auto-évaluation qui frise le ridicule «  Conformisme ou originalité, votre CV correspond-il à l’image de l’entreprise? » La réalité, c’est que votre CV ne tient pas sur son apparence: l’originalité de celle-ci pourrait même le disqualifier plus qu’autre chose, surtout s’il s’agit d’une candidature pour un poste de cadre supérieur. Il suffit que la mise en page soit simple et agréable à lire, et votre futur employeur pourra y trouver ce qu’il cherche.

Donc, dans une mise en page épurée et simplifiée, comment atteindre un standard de qualité pour mon CV? Une fois vos expériences rassemblées et listées, c’est le moment de les détailler. C’est là que s’offre une méthode toute simple: soyez généreux en contenu ciblé. Soutenez et remplissez le détail de vos expériences de mots-clés en relation avec le poste désiré. Pour ce faire, prenez la description du poste, une feuille blanche et un crayon. Lisez l’offre, pensez à votre cursus, puis écrivez tout ce qui vous passe par la tête. Au moyen de ce brainstorming, vous disposerez d’une banque de vocabulaire exhaustive, apte à enrichir les descriptions de vos expériences professionnelles.


  1. Adopter une vue d’ensemble sur mon cursus et sur l’offre d’emploi
  2. Écrire tous les mots / expressions / techniques qui me viennent à l’esprit
  3. Les assigner rationnellement aux descriptions correspondantes dans le CV

Ainsi, vous serez à la fois sûrs de décrire fidèlement vos compétences passées, mais aussi de les étoffer en vue de votre emploi futur. Cela vous favorisera dès le départ, d’une manière très concrète, pour la simple et bonne raison que le premier tri du recrutement est fait par une intelligence artificielle: un petit robot fidèle et dévoué va rechercher les candidats adéquats au poste à partir des mots figurant dans leurs CV. N’hésitez donc pas à distribuer avec abondance les mots, les techniques et expressions clés que vous aurez accumulés. Ceux-ci feront non seulement en sorte que votre CV passe le filtre de tri de l’I.A. , mais ils taperont aussi dans l’œil du recruteur qui cherche évidemment certaines compétences incontournables pour pourvoir au poste. Enfin, cette méthode est également valable pour l’annonce de vos objectifs en première partie du CV, pour la description de vos formations et les activités extra-professionnelles (facultatives). À propos de ces dernières, vous vous rendrez alors rapidement compte si elles sont pertinentes à figurer dans votre CV ou non.

Dans tous les cas, le fait d’utiliser un maximum de contenu ciblé faisant des liens entre votre CV et le poste désiré vous est plus qu’avantageux pour deux raisons, dont l’une est essentielle: premièrement, cela augmente indirectement la concordance entre vous, le potentiel de votre cursus et l’entreprise ciblée. Et deuxièmement, vous deviendrez concrètement sûr que ce poste correspond à vos attentes et à votre profil, et que vous êtes fait pour cette entreprise. C’est là une plus-value certaine qui fera passer votre CV d’un flop à un top.

Paul Vann